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June 2, 2012
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Sta.sh Writer
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PROLOGUE

« Patience, disait-il toujours.

-Mais j’en ai assez d’attendre ! Il y a quelque chose qui m’attend pas loin d’ici !

-Attend ton tour. Lorsque l’on fait exprès pour tomber, on n’est pas tant surpris que ça, quand cela arrive par surprise, on est surpris. Ne cherche pas à trouver ton destin, laisse-le venir à toi. »

 

 

J’ai l’impression de partager mon corps avec quelque chose d’autre. Je pourrais dire que je suis vraiment différente des autres. Je suis… comment dire ? Je suis… soumise. Depuis la mort de mes parents, je vis chez ma tante si sévère. Je n’ai qu’une amie. Elle s’appelle Lisa, mais je ne crois pas que quelqu’un a besoin d’une autre personne qu’elle. Son défaut - le seul, mais celui qui pourrait causer sa perte – est celui d’avoir trop d’ambition.

            Habituellement, ambition rime avec pouvoir ou argent. Non, elle, c’est l’ambition dans ce qu’elle veut faire. Elle veut laisser sa marque. Lisa n’est pas le genre de personne qui, pour laisser sa trace, va tuer dix millions de gens, être la plus belle mannequin du monde ou devenir présidente des États-Unis. Non, elle est du genre à vouloir aider dans tout. Elle s’engage dans tout. Ce qu’elle veut faire ? Écrivaine ou réalisatrice. Quel rapport avec aider et s’engager ? Elle veut créer des histoires sur tout ce qui ce passe. L’inégalité, le racisme, l’esclavage. Le fantastique, les mondes parallèles, les fées, les sorcières… elle connait pas. Elle laisse ça aux autres, comme moi. Ceux qui rêvent. C’est ce qui nous distance, c’est aussi un autre défaut pour nous deux.

            L’une qui est trop terre à terre et l’autre qui ne l’est pas assez. Elle dit qu’il y a déjà trop à faire ici et que, de toute façon, elle aime trop sa vie pour changer. Les gentilles marraines fées qui changent une citrouille en carrosse, des souris en laquais ou toute cette histoire de Cendrillon, elle dit que ça n’existe pas. La vie n’est pas comme ça. Bien sûr, il y a les temps où nous rêvons un peu, comme quand on rêvais à notre premier amour – ce qui est arrivé en troisième secondaire à Lisa, mais pas encore à moi… ce qui me soulage juste quand j’ai vu le résultat après la rupture -, ou comme lorsque je disais que je rêvais au fait que je pourrais avoir des enfants plus tard.

           Je n’aime pas parler de moi, mais il faut bien des fois, non ? Moi, mon plus gros défaut, c’est… euh… eh bien, il y a la confiance en moi, un peu mon égoïsme et je ne contrôle pas mes émotions. Quand je suis fâchée – croyez-moi, ça arrive pas mal souvent – tous l’apprennent et doivent m’endurer…

            Sinon, ce que je veux faire dans la vie, c’est le théâtre. Tout dans le théâtre me fascine. J’aimerais que Lisa écrive un scénario dans lequel je pourrais jouer. Je voudrais faire les décors, faire les croquis de costumes, jouer… j’aime entendre le public applaudir, j’aime l’entendre rire, pleurer, nous accompagner, nous récompenser de tous nos efforts dans une seule petite réaction…, j’aime le sentir captivé. J’aime jouer un autre que moi, comme pour me sentir plus libre. Comme pour changer de décor. Comme pour oublier mes soucis quelques minutes. Je me sens bien dans une autre peau, dans un personnage fictif, un personnage qui m’habite et que j’habite depuis la première lecture jusqu’à ce que j’aie renfermé mon costume dans un coffre. Et même là, j’ai encore de lui en moi. Je reprends ses expressions, des fois même son intonation sans m’en rendre compte. Sa position.

            Moi, je ne sais pas créer à partir de rien comme ma meilleure amie. J’ai besoin de prendre l’idée de quelqu’un et de la faire parcourir, voyager. Je suis comme cet oiseau messager qui transporte un message. Je prends la voix du message que Lisa ou un autre écrit. Je le transmets au public. Je ne veux pas seulement qu’ils aiment. Je veux que chacun d’eux retienne le message. Des fois, ce n’est pas du tout évident. Parfois, j’ai l’impression d’être plus sage que je ne devrais l’être qu’à l’habitude. Par exemple, dans l’histoire du roi Arthur – dans le temps du Moyen Âge -, on voit soit la légitimité – lorsqu’il sort l’épée du rocher -, ou la loyauté – avec Merlin -, ou encore le fait que tous ont des faiblesses – quand Merlin se fait piéger. Je vois tout ça, mais je vois aussi le jugement. Tous ceux qui ont tenté l’épreuve auraient bien pu réussir. Par contre, l’épée, selon le mythe, avait des facultés magiques. Choisir Arthur à la place d’un autre était quelque chose. N’importe qui pouvait choisir le plus fort pour se dire que de toute façon, c’était la loi du plus fort, mais on a choisi le plus sage.

            J’allais justement aller jouer dans Arthur, la belle fée Viviane qui enchante Merlin et l’enferme dans une prison dont les murs sont invisibles et impossibles à détruire. Il fallait se rendre à l’autre bout du pays pour performer une avant-dernière représentation et ma tante, bien qu’aimant mon talent, ne voulait pas me reconduire normalement. J’avais donc ramassé tout mon argent et avait réussi de peine et de misère à avoir un billet de train dans la classe moyenne. Lisa, heureusement pour moi, avait pu s’ne procurer un aussi. Nous étions donc toutes les deux dans ce train à voir le paysage défiler à toute allure devant nos yeux.

 

Tout d’un coup, il y eut un choc. J’ignore encore lequel, mais il s’est passé quelque chose. La seule chose dont je me souvienne est que j’ai été projetée en arrière. J’ai perçu cette force bouillonnant en moi depuis des années sortir enfin.

            S’échapper et prendre contrôle.

Prologue d'une hsitoire que j'ai commencée hier. J'espère que vous aimerez. Je l'écris avec une amie. ça, c'est ma version.
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